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La bourse de Munich occupe 4 halls de la Messestadt (ville de foire) qui en comprend 16 : deux halls (dont un plus haut de gamme) sont plutôt consacrés à la bijouterie, la gemmologie et le bien-être (minéralogiquement assisté), les deux autres halls sont consacrés à la minéralogie et la paléontologie (là encore il y avait un hall plutôt haut de gamme et un autre où la qualité était inégale). Les activité commerciales occupent l’essentiel des halls, mais il faut bien reconnaître que de nombreux visiteurs, amateurs ou professionnels apprécient tout particulièrement les expositions temporaires qui y sont présentées ainsi que les animations et évènements qui y ont lieu.

 

Les expositions minéralogiques

Le principal thème, cette année était le Brésil. Ce thème fait écho à la publication du livre remarquable « Minerals & precious stones of Brazil » de Carlos Cornejo et Andrea Bartorelli. Les spécimens exposés venaient surtout de collections privées (Gerhard Wagner, Gene Meieran, Luis Menezes, Marco Tironi, …). Les quelques photos qui suivent résument cette exposition.

Entrée de l’exposition Brésil

 

Elbaite (verdelite) et quartz

 

Vitrines colonne contenant des tourmalines

 

Elbaites d’Itatiaia (au centre on voit la célèbre tourmaline de Meieran qui a été jadis dans la collection Bourdon d’Estrem à Paris)

 

Deux morceaux d’un cristal de spodumène (kunzite) dissous

 

L’autre exposition importante (dans un autre hall) était intitulée « cristaux exceptionnels du toit de l’Europe ». Les meilleurs collectionneurs français de la minéralogie du Mont Blanc présentaient les fleurons de leur collection. Le Muséum d’histoire naturel avait aussi présenté « Laurent » une fluorine rouge avec quartz. Rappelons que ce spécimen est le premier minéral classé « bien culturel d’intérêt patrimonial » en France.

Blocs de glace (contenant des objets divers) à l’entrée de l’exposition

 

 

Cette exposition comprenait aussi une très intéressante et instructive partie sur le gisement de Traversella (vallée de Chiusella, province de Turin, Italie).

 

Chlorite « géante » de Traversella

 

Groupe de cristaux de scheelite de Traversella

 

Cristal « géant » de magnétite de Traversella

 

Améthystes de Traversella

 

Un espace est traditionnellement consacré aux amateurs et commerçants qui désirent présenter des pièces hors du commun. Cette année, des fluorites des pegmatites de la région de Strzegom (Pologne) ont fait sensation (leur aspect a été cependant bien amélioré par un éclairage adapté).

 

Exposition de fluorites de Strzegom par Spirifer

 

Outre les musées qui ont participé aux expositions communes, il y avait plusieurs emplacements exclusivement occupés par un musée.

 

Stand du musée de Freiberg (Saxe, Allemagne)

 

Certaines expositions sont hors norme comme celle (saugrenue) qui associait des insectes avec des minéraux.

 

Exposition « joyaux volants »

 

Il y avait encore de multiples expositions qui justifient le déplacement et qui sont une invitation à participer à la prochaine édition des Mineralien Tage.

La foire de Munich est aussi un lieu de rencontre et de retrouvailles (de « socializing ») pour les professionnels de la minéralogie. Elle héberge diverses réunions professionnelles comme celle du SMMP (society of mineral museum professionals).

 

 

Quelques points forts en minéralogie

 

Le sentiment exprimé par de nombreuses personnes était que l’on ne trouvait rien de nouveau cette année à Munich. C’est à la fois faux et vrai.

C’est faux parce qu’il y a eu plusieurs nouveautés plutôt étonnantes, c’est faux aussi parce que les marchands ont bien renouvelé leur stock avec de nouveaux spécimens de découvertes plus ou moins récentes ou bien issus de collections plus ou moins anciennes.

C’est vrai pour trois raisons au moins. La première, comme on les verra plus loin, est que les grandes nouveautés étaient représentées par un nombre vraiment très restreint de spécimens. La deuxième est que plusieurs découvertes, objectivement majeures de cette année, n’ont pas peu l’impact qu’elles méritaient. La troisième raison tient à la définition même que l’on donne à l’adjectif « nouveau ». Pour le professionnel qui a fréquenté toutes les grandes bourses internationales et qui passe ses nuits à consulter internet, il est certain qu’il a eu peu de surprises à Munich. Pour le collectionneur qui ne fréquente que cette bourse (qui est l’une des trois bourses internationales majeures), le nombre de nouveautés, qu’il y découvre, est certainement plus important. Admettons que le terme de nouveauté devrait s’appliquer pendant une certaine durée (une année ?).

Quoi qu’il en soit, Munich est et restera une manifestation où il est impossible de ne pas trouver quelque chose d’intéressant. Le plus délicat est d’avoir les finances pour les acquisitions et les bonnes affaires y sont rares.

 

 

Les grandes petites découvertes

(grandes pour la minéralogie, petites par le nombre de spécimens)

 

La découverte de grands cristaux d’alabandite a suscité un émoi inattendu.

Pour le comprendre, revenons à quelques rappels. L’alabandite est un sulfure de manganèse, MnS, typique des gisements de basse température des montagnes jeunes (alpines). Elle est noir, son éclat est submétallique parfois terne,  ses cristaux sont la plupart du temps octaédriques et la macle du spinelle n’est pas rare. Elle peut être confondue avec une blende ferrifère ou une magnétite mais possède une caractéristique qui en fait un des minéraux les plus faciles à diagnostiquer (réponse à la fin de l’article… pour les rares lecteurs qui ne connaissent pas la réponse !).

Les gisements classiques, reconnus généralement comme les meilleurs pour cette espèces sont les gisements d’or de Sacarimb, Baia de Aries et Rosia Montana (Transylvanie, Roumanie). Il fut un temps où les grands cristaux (2cm au maximum) y ont été trouvés en relative abondance. Ce sont des « classiques », représentés dans toutes les grandes collections mondiales. Les agrégats foliés plus ou moins stalactitiques de Broken Hill (New South Wales) sont recherchés mais plutôt rares. Plusieurs autres gisements ont produits des pièces intéressantes (Vysokogornoe, Yakoutie, Russie), mais ils sont plus confidentiels. En France ce minéral a été trouvé à Vielle Aure (Hautes-Pyrénées).

L’alabandite est donc une espèce « classique » bien connue de tout minéralogiste un tant soit peu systématicien et de tout conservateur. Elle l’est d’autant plus qu’il existe un intérêt tout particulier pour les sulfures dans les grandes collections. Cet intérêt tire son origine de cette période pas si lointaine où les mines métalliques étaient nombreuses et fournissaient en grand nombre des spécimens muséaux de minéraux sulfurés.

Depuis longtemps, des alabandites péruviennes plutôt modestes faisaient leur apparition dans les manifestations minéralogiques. En 2009, quelques rares pièces avec des cristaux « géants » avoisinants 2,5 cm, se sont négociées sous le manteau. Ils proviennent de la célèbre mine de Uchucchacua (province de Onyon, département de Lima) qui est la localité type de la benavidesite et de l’uchucchacuaite (et, d’après la rumeur, d’une troisième espèce prochainement). Rappelons que ces deux espèces on été décrites (1982, 1984) par des minéralogistes français et que les types sont à la collection de Mines-Paristech..

Cette année, à Munich, plusieurs dizaines de spécimens (au moins 60), de la même localité, ont été proposées par le marchand péruvien Ramos Cabrera et l’espagnol Luis Miguel Burillo. La dimension des cristaux varie de quelques millimètres à 3 cm, ils sont fréquemment maclés et sont souvent associés à de la rhodochrosite.

Alors que l’on pouvait penser que la minéralogie pegmatitique (qui a dominé la minéralogie ces dernières années) avait remisé la minéralogie « sulfurée » d’antan, c’est avec une certaine surprise que l’on pu voir tout ce que la minéralogie compte de collectionneurs et conservateurs sérieux se ruer sur ces cristaux. En une demi-journée tous les spécimens ont été vendus, et pour certains, plusieurs fois !

 

Alabandite et rhodochrosite (dimension maxi : 17cm) (collection UPMC-La Sorbonne, campus Jussieu)

 

Les frères Gobin ont proposé des cristaux et des agrégats de plusieurs cristaux de crocoites (Dundas, Tasmanie) exceptionnels. Ce gisement produit régulièrement et en abondance des cristaux de plusieurs centimètres. Les cristaux présentés cette année, atteignent ce que l’on connaît de plus grand à savoir une quinzaine de centimètres

Les gisements du plateau de Kaokoveld fournissent depuis quelques années des spécimens associant dioptase, malachite et shattuckite tout à fait remarquables. Les cristaux de dioptase, souvent bien isolés, peuvent atteindre 6cm, la malachite apparaît en groupes fibreux divergents et la shattuckite en boules ou en recouvrements d’aspect velouté. Ce district est encore assez confidentiel en France alors que Régis Duquesne est l’un des rares commerçants à s’y rendre régulièrement pendant des durées conséquentes. Avec raison car, on y trouve de temps à autre des associations d’une architecture et d’une esthétique qui ont de quoi bouleverser les minéralogistes les plus blasés.

 

Shattuckite et dioptase, Otjowe, Kaokoveld, Kunene, Namibie (dimension maxi : 19 cm) (collection UPMC-La Sorbonne, campus Jussieu)

 

 

Les grandes nouveautés de l’année

(grandes au moins par le nombre de spécimens)

La Chine n’a toujours pas fini de nous surprendre. Cette année ce sont des ilvaites dont la provenance (sous toute réserve) serait : Mine Nan Dang, Guangxi. La plupart du temps ce sont des monocristaux parfois associés à de petits cristaux de quartz, plus rarement, on trouve des groupes rayonnant de plusieurs cristaux. Les faces sont brillantes. Les dimensions maximales avoisinent 8cm (pour l’instant ?). La gangue (vue sur un seul spécimen) est constituée d’un silicate vert fibreux plus ou moins altéré (hedenbergite ? si l’on se réfère à Dalnjegorsk). Naguère les cristaux de Dalnjegorsk (Russie), tout à fait comparables, étaient très activement recherchés et plutôt bien cotés. L’accueil de ces ilvaites a été contrasté : les marchands russes et quelques marchands étatsuniens en ont acheté, les amateurs ont été réservés. Une affaire à suivre donc.

 

Ilvaite, Chine (dimension maxi : 6,5cm) (collection Daulon)

 

Pour conclure revenons à une autre découverte dont le Pérou nous a gratifié. Elle a eu lieu fin 2009 et elle a été dévoilée à Tucson cette année 2010. Il s’agit des fluorites et des hübnerites sur quartz de la mine de Mundo Nuevo (département de La Libertad). Les fluorites sont vertes ou rose pâle. Les  cristaux sont de forme octaédriques (le plus souvent), leur dimension peut avoisiner les 20cm ( !) et il sont perchés sur (ou bien partiellement recouverts par) des petits cristaux de quartz très limpides. Les cristaux d’hübnerites sont noirs, biterminés et peuvent atteindre 8cm. En association on trouve de la scheelite (cristaux centimétriques), de la tungstite plutôt remarquable pour ce minéral habituellement peu esthétique et du soufre et de la sphalérite en petits cristaux. Etrangement cette  importante découverte n’a pas eue l’impact qu’elle mérite. Il est vrai que la minéralogie du Pérou, à la suite des troubles liés à l’activité du « sentier lumineux », a été délaissée par les marchands (et les collectionneurs) pendant de nombreuses années et qu’elle ne refait surface que depuis peu de temps.

 

Fluorite verte sur quartz, Mundo Nuevo, La Libertad, Pérou (dimensio maxi :21cm) (collection UPMC-La Sorbonne, campus Jussieu) (photo J.-P. Boisseau)

 

Hübnerite sur quartz, Mundo Nuevo, La Libertad, Pérou (dimension maxi : 16cm) (collection UPMC-La Sorbonne, campus Jussieu)

(photo J.-P. Boisseau)

 

 

Réponse à la question

L’alabandite a une trace (poussière) verte (avec plus ou moins de gris)

Le Collectif Régional d’Education à l’Environnement et au Développement Durable d’Auvergne (CREEA) a décidé cette année d’orienter ses Rencontres Régionales autour du thème « Géosciences et Développement Durable » les 07, 08 et 09 avril 2011 au CPIE Clermont-Dômes à Theix. Ces rencontres professionnelles seront un temps fort de l’année pour échanger sur la manière dont les Géosciences et plus particulièrement la richesse géologique de l’Auvergne participent à l’Education à l’Environnement et au Développement Durable. Elles ont aussi pour objectif de rassembler les différentes sphères d’acteurs (élus et agents de collectivités, membres de l’Education Nationale et de la recherche, monde de l’entreprise, associations, services décentralisés de l’Etat etc.) pour mettre en place un plan d’action pour les prochaines années.

Télécharger le document de présentation : cliquer ici

Les Géosciences représentent l’ensemble des disciplines ou activités qui contribuent à la connaissance de la planète Terre : de la recherche fondamentale qui étudie la structure et la dynamique de la Terre à ses applications dans la recherche et la gestion de ses ressources, de la géophysique à la paléontologie, de la géomorphologie à la minéralogie, de l’environnement aux ressources naturelles, du sol aux profondeurs de la Terre… Ce sont de nombreux aspects de notre vie quotidienne qui reposent sur les géosciences comme les ressources que nous consommons, nos paysages, la nature des sols, la diversité biologique, l’accès à l’eau,...L’Homme a dû, doit et devra en tenir compte dans son développement économique, social et culturel. Par sa grande diversité géologique (géodiversité), le territoire auvergnat est un remarquable exemple d’implication des géosciences dans les problématiques du Développement Durable.

Agir pour se mettre au service de la société et répondre aux enjeux qui frappent à la porte, analyser et comprendre pourquoi la dimension Géosciences ne fait pas ou peu partie des actions de l’Education à l’Environnement et au développement durable alors qu’elle en est sans doute une clé de voûte ; voilà un énorme défi à relever pour l’éducation populaire et citoyenne, celui que propose le CREE-Auvergne. Associations, élus, entreprises, chercheurs, institutions, ces Rencontres veulent inaugurer la méthodologie d’un espace régional de concertation où la complexité des notions et des enjeux de l’environnement ne doit plus représenter un obstacle pour le développement des nouvelles pratiques et thématiques d’éducation.

La première plénière sera consacrée à la parole d’élus ou d’agents de collectivités avec notamment l’intervention du Président du Conseil général du Puy de Dôme Jean-Yves Gouttebel sur le dossier « Patrimoine Mondial : Chaîne des Puys – faille de Limagne ».

3 enjeux

  • Identifier et faire l’état des lieux des actions d’éducation à l’environnement par le prisme des Géosciences,
  • Améliorer la compréhension de la dimension Géosciences dans les notions d’environnement et de développement durable,
  • Déterminer quelles actions pour quels publics il serait pertinent d’engager.

3 thèmes

• Géosciences et développement économique Exploiter une carrière, consommer de l’eau ou encore construire une autoroute sont des réalisations qui répondent aux demandes sociétales, pourtant elles soulèvent de nombreuses questions en tant qu’élu, spécialiste et/ou habitant d’une commune. Quels sont les moyens mis en oeuvre pour favoriser l’information, l’échange, la compréhension et l’innovation ? • Géosciences et Environnement La démonstration des liens étroits entre la biodiversité et la géodiversité de notre Terre. Différentes actions et exemples permettent d’apprécier toutes les nuances entre simple communication et construction d’une culture générale. • Géotourisme et patrimoine géologique De l’analyse de la part de la géologie dans le patrimoine à la question de sa valorisation par le Géotourisme.

Infos pratiques

  • Organisation : CREE-Auvergne / commission Géosciences
  • Revue Indice de présences « Géosciences et développement durable », disponible bientôt
  • Comité de pilotage : Volcan Terre d’Eveil, CPIE Clermont-Dômes , GEOLOGrafis, Rhinopolis, Terra Mater, Pierre Lavina, Elément Terre, Véronique Genevois
  • Partenaires : Conseil Régional Auvergne, Ville de Clermont-Ferrand, DREAL, Conseil Général du Puy-de-Dôme, Clermont Communauté, Guintoli, Unicem Auvergne, Rockwool

Contact médias CREE Auvergne

Daphné Duprez 04 73 28 31 06 / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

23, rue René Brut 63110 BEAUMONT

Cet article reprend le chapitre du même nom de l’album Photos de minéraux sur le site http://www.orsomartinelli.com

Ceux que le sujet intéresse pourront entrer en relation avec l’auteur via la rubrique intitulée sur son site « Pour lui écrire » : ce sera pour lui un plaisir de répondre à leurs questions.

Photographier les minéraux

Qu’elle réponde à des visées documentaires (archivage de collections, illustration d’articles scientifiques), commerciales (vente par correspondance) ou, comme c’est ici le cas, à des intentions artistiques, l’image des minéraux est soumise aux deux mêmes postulats qui régissent, selon des dosages différents, la photo d’identité comme le portrait d’art : décrire le sujet de la façon la plus fidèle possible et le représenter sous son jour le plus flatteur. Ces deux exigences sont bien souvent antagonistes, mais la première ne saurait plier sans conditions devant la seconde. Nous ignorerons donc dans ces lignes les falsifications et autres altérations qu’autorisent les puissants outils de retouche numérique comme Photoshop, par ailleurs bien utiles pour compenser, à l’image, la perte d’une des dimensions de l’espace.

Contrairement à une sculpture fabriquée par l’homme, qu’on peut regarder sans déconvenue sous tous ses angles  (surtout s’il s’agit, par exemple, d’une Vénus callipyge), un spécimen minéral est rarement sans défaut. L’angle unique de la prise de vue en deux dimensions jette un voile sur d’éventuels points de vue disgracieux en même temps qu’il permet les jeux d’éclairage complexes communément mis en œuvre dans la photographie d’objets. Les éclairages ponctuels par l’arrière sont ainsi une constante dans la photo des cristaux un peu opaques ou denses et en appoint dans presque tous les cas, ainsi que les réflecteurs destinés à déboucher une ombre, ou le drap noir (dénommé « borniol ») à adoucir les reflets, auxiliaires difficiles à installer dans une vitrine. Ces procédés ne se substituent que très partiellement à la possibilité de déplacer le regard pour révéler l’opalescence, le chatoiement, les miroitements ou le pléochroïsme d’un minéral. Ils ont accompagné les débuts de la photographie, de même que celui qui consiste à caresser l’objet d’un faisceau lumineux pendant une longue pause, en insistant sur les parties à mettre particulièrement « en lumière », et les photos qui suivent les ont abondamment exploités.

Maintenant comme jadis, la boîte à outils d’un photographe d’objet s’apparente à celle d’un bricoleur, qui adapte son matériel à ses besoins plutôt que de s’en accommoder. Mais avec la généralisation de l’enregistrement numérique, un pas de plus a été franchi dans le « bricolage », que ne permettaient pas, même les plus complexes manipulations de laboratoire, comme le dye transfer :

- l’étalonnage des couleurs qui exigeait l’usage suivi d’un même numéro de série des émulsions développée dans un même laboratoire, d’un éclairage stable contrôlé par un thermocolorimètre et d’une panoplie de filtres, a été congédié par le réglage électronique de la balance des blancs.

- De la même façon, les tentatives très infructueuses pour jouer sur les paramètres de l’espace colorimétrique (luminosité, saturation, contraste) et la netteté de l’image argentique, deviennent de la routine dans le traitement des fichiers dits « raw ».

- De nombreux logiciels permettent maintenant d’affiner ces réglages, de redresser les perspectives beaucoup plus facilement qu’avec les mouvements d’une chambre, plus généralement de jouer sur la géométrie de l’image (pour procéder, par exemple, à des montages panoramiques parfaitement homogènes) et de nettoyer facilement, voire automatiquement, les clichés de leurs poussières et autres accrocs véniels de la prise de vue, puisqu’on n’a plus à subir ceux du laboratoire.

- On objecte souvent à la photo numérique l’apparition de « bruit » dans les basses lumières ou, ce qui revient au même, lors de l’utilisation d’une « sensibilité » élevée. Les souvenirs de l’ektachrome développé pour 1600 ASA ou de l’Ansco 500, si gracieusement utilisé en variante des flous artistiques, alimenteraient ici une polémique bien inutile : les prises de vues numériques sont en bien moindre délicatesse qu’on ne l’entend souvent -et en tout cas que les inversibles couleur- avec les poses longues.

Les photos ci-après ont aussi largement bénéficié de ces nouvelles commodités, en particulier celle que les anglo-saxons désignent par l’acronyme HDR (High Dynamic Range imaging : imagerie à grande gamme dynamique), fonction à laquelle on accède, par exemple, dans les versions récentes de Photoshop, par la rubrique automatisation du menu fichier et à laquelle sont dédiés de nombreux logiciels, dont certains gratuits (Photosphere, Qtpfsgui). Ce procédé consiste à combiner plusieurs clichés du même échantillon réalisés avec des expositions différentes -ce qu’on appelle du navrant anglicisme « bracketer »- ou, à défaut, traités de façons différentes à partir d’un même fichier « raw », de façon à fournir le maximum de détails dans toutes les zones et à toutes les valeurs de l’image. Cet effet a parfois été exploité ici pour atténuer le miroitement (aussi généralisé que racoleur, comme l’amplification du contraste et de la saturation) si nuisible à la lisibilité des faces réfléchissantes des agrégats cristallins. Adoucir ou retrancher ces faces-miroirs représente la principale difficulté de ce genre de prise de vues et demande souvent la patiente mise en place de nombreux petits « borniols ».

On réprouve, souvent à juste titre, les abus de la fusion HDR et le travers kitsch de nombreuses photos qui en résultent et foisonnent sur internet, mais comme c’est le cas de nombreux artifices, on peut aussi les mettre au service d’une meilleure approximation de la réalité visuelle.

Les photographes actuels ont souvent la nostalgie d’un « climat », attribué à la chimie de naguère, et qu’aurait perdu l’image numérique. Il s’agit en particulier des flous de mise au point qui encadrent et font ressortir les portraits, pour lesquels a été forgé le néologisme « bokeh » et pour la restitution artificielle desquels ont été  conçus des objectifs spéciaux.  Cet effet, ou plutôt ce manque d’effet, résulte de l’augmentation de la profondeur de champs (qui est, rappelons le, fonction inverse du grossissement du sujet sur le plan focal, et donc, à champs identiques, assimilable à la taille de la fenêtre de prise de vue) par l’utilisation de capteurs numériques sensiblement plus petits que les habituels supports argentiques. Pour ceux qui ont dû renoncer aux splendeurs du grand format parce que le diaphragme 1:64 -ou pire- de leur objectif apochromatique ne suffisait pas à reproduire une druse d’annabergite (au hasard) de 2 cm de profondeur avec une netteté décente, un capteur APS-C (16 x 25 mm) de 14 millions de pixels est un miracle, surtout s’il est assisté d’un logiciel qui corrige vignetage, aberrations chromatiques et distorsions.

Ont été utilisés ici : des appareils numériques de format 24 x 36 pour les clichés destinés à des agrandissements importants et APS-C dans le cas où la profondeur de champs est primordiale ; les appareils dont le capteur 2/3″ dépasse maintenant 10 millions de pixels et la mise au point descend à quelques centimètres peuvent aussi être utilisés à condition de renoncer aux avantages du reflex et du format « raw ». Dans la mesure où la photo des minéraux exploite médiocrement les délicates nuances des capteurs à très grands photosites, aucun besoin de louer un dos grand ou moyen format et d’aller dépoussiérer l’appareil approprié ne s’est fait sentir.

L’éclairage traditionnel (flash de studio et autre matériel encombrant et peu mobile) n’étant ni nécessaire ni adapté à ces photos finalement assez « intimistes », chacun a coutume d’y accommoder les lumières du quotidien qui s’assortissent plutôt bien aux réflecteurs en papier d’aluminium et aux méchants bouts de serge noire fixés au « gaffeur » sur des supports de fortune. La sensibilité de nombreux minéraux à la chaleur doit nous faire proscrire les antiques photo-floods et leurs descendants : un ami a vu un jour son plus beau cristal d’aigue-marine exploser sous des lampes halogènes qui en avaient fait bouillir les inclusions liquides. Les LED blanches offriront tous les avantages idoines (petites, solides et économiques, on peut les coller à un cristal de soufre sans risque d’en faire du gravier) lorsque leur spectre approchera celui de la lumière de référence qui est celle du soleil. A défaut, on voit sur la photo ci-contre une adaptation, sur de vieux réflecteurs Balcar et autre matériel recyclé, d’ampoules fluorescentes plutôt utilisées pour faire pousser de la marijuana dans des placards ou s’adonner à la luminothérapie. Bien que, contrairement aux LEDs, leur taille et leur forme ne permettent, hélas, ni de les dissimuler derrière un petit cristal (on utilisera un étroit panneau réfléchissant ou même un miroir) ni d’obtenir un éclairage ponctuel, leur indice de rendu des couleurs très élevé (98 %) en fait de remarquables substituts de la lumière naturelle.

Le choix presque systématique d’un fond noir a parfois été critiqué : si la vogue des arrière-plans à textures ou de couleurs vives (dans les complémentaires, souvent, du spécimen qu’elles prétendaient mettre ainsi en relief) semble passée, il s’affronte encore à celle des dégradés avec halo lumineux à l’appui. Sans intention stylistique, le noir a la vertu d’une absolue neutralité ; sans prétention esthétique, il ne distrait pas le regard de l’objet qui en a une éminente. Si le minéral lui-même est sombre, un fond plus clair ne fera qu’en découper la silhouette, ne lui apportera ni éclat ni couleur et ne fera qu’accentuer l’impression de sombreur. Obtenir, sur un plan horizontal légèrement réfléchissant (grâce auquel un timide reflet signale que la pièce ne flotte pas dans une abyssale apesanteur) raccordé à un « cyclo » en velours, un noir profond exempt de poussières et des réflexions des multiples sources lumineuses, était un cauchemar avec la photo argentique. C’était même totalement impossible pour une prise de vues à la lumière diffuse d’un ciel voilé qui, avec une température de couleurs voisine de 5400° K -chose précieuse pour l’inversible couleur- garantissait toujours des images d’une qualité convenable. Peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles les fonds de fantaisie ont connu une telle popularité. Les sortilèges de l’image numérique -filtres anti-poussières, « collage » des noirs, et ainsi de suite- rendent maintenant l’entreprise presque triviale pour peu que le fond soit uni. Il est vrai cependant que l’impression de limpidité d’un cristal est souvent mieux traduite par un fond dont on retrouve les mêmes nuances de couleur ou de valeurs (voir la triple macle de quartz associée au chapitre  Quelques minéraux de la collection d’Orso M.) sur l’arrière-plan et à travers le cristal. Mais les procédés utilisés fixent les contraintes de style au moins autant que la réciproque.

Voici en conclusion, ce que serait, dans un raisonnable souci de parcimonie, le matériel approprié à des photos du genre de celles qui suivent :

  • Un boîtier numérique au format 24×36 ou APS-C, muni idéalement d’un objectif de macrophoto (Tamron et Sigma proposent, pour des prix raisonnables, d’excellentes focales fixes communes aux APS et aux pleins formats, adaptables à toutes les marques d’appareils) ou, à défaut, d’une moyenne ou longue focale équipée de bagues-allonge ou d’une bonnette de bonne qualité. Pour les nostalgiques de la chambre d’atelier, il existe des objectifs à bascule fabriqués par Canon, Nikon et Arax, une société ukrainienne dont les 35 et 80 mm s’adaptent à presque tous les boîtiers reflex. Cependant, les reliefs minéraux se déployant en général dans les trois dimensions de l’espace, la célèbre loi de Scheimpflug a toutes les chances d’en laisser une de côté. Mais la principale qualité à attendre de cet appareil est qu’il fournisse des clichés dans un format « raw ».
  • Les plus vétilleux de ceux qui considèrent les applications  fournies par les fabricants d’appareils  reflex ou Camera Raw de Photoshop pour développer ce format comme trop rudimentaires apporteront leurs faveurs à des  logiciels comme DxO ou Silverfast. C’est Lightroom qui a été utilisé ici dans les rares cas où des réglages « pointus » étaient nécessaires (en général pour compenser une négligence à la prise de vues).
  • Trois ampoules fluorescentes d’une vingtaine de watts à indice de rendu des couleurs de 95 % ou plus (ici, des Lumbio) qu’on trouve facilement sur internet. Une ampoule puissante (100 à 150 watts) du même métal pour éclairer par-derrière les cristaux médiocrement transparents : un indice de rendu des couleurs moyen est suffisant lorsque la lumière est puissamment filtrée par le cristal lui-même. On les adaptera à n’importe quelle lampe mobile et orientable et d’excellents réflecteurs pourront être bricolés avec du papier d’aluminium.
  • Une table en verre, un pied d’appareil photo bien stable,  un déclencheur à distance, 1 mètre de velours noir, des plaques de plastique noir (elles se raient très vite), des diffuseurs (calque), des réflecteurs (polystyrène expansé et aluminium ménager), leur contraire (papier, carton et tissu noir), et tout ce qu’il faut de supports, potences, bras articulés, pinces, « clamps » et adhésifs en tout genre pour maintenir ce petit monde dans la position qui lui sera assignée. Aucun filtre, même polarisant n’a été utilisé ici.

Le reste est affaire de style personnel et traduit  la façon dont chacun voit les minéraux et ce qu’il veut en montrer.

Sur la deuxième photo, on voit, au centre, un appareil  muni d’un capteur 24 x 36 de 24,6 mégapixels et d’un objectif de macrophoto de 90 mm. La tourmaline et le béryl posent devant un fond de velours et sur une plaque de plastique satiné noirs. Sur la gauche, on distingue, derrière deux petits « borniols » en papier Canson « réglisse » qui peuvent aussi lui servir de coupe-flux, une lampe fluorescente de 23 watts, fortement grossie par une lentille de Fresnel  en plastique destinée à en resserrer le faisceau. On trouve, à droite, deux accessoires d’appoint tout à fait optionnels, dont la couleur, filtrée par une gélatine type 81 est suffisamment fiable pour l’usage qui en est fait :

  • Une plaque lumineuse en nid d’abeilles qui, éteinte, fait office de réflecteur et joue, allumée, un  rôle analogue un peu accentué.
  • Une lampe à filament ponctuel destiné à l’éclairage des cristaux par l’arrière.

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